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WellAhead Conception conjointe : Qu’est-il arrivé au juste?

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Note : Cet article a été publié à l’origine sur le site de WellAhead. Il est affiché ici avec la permission de l’auteur. 

En août 2015, la plupart des gens à qui nous avons parlé nous ont traités de fous. Bon, certaines personnes ont passé le message autrement : « Quel échéancier ambitieux! », « Il faut beaucoup de temps pour faire bouger les écoles… » et « Êtes-vous en train de dire que la première activité est prévue pour septembre??!!! ». Notre équipe se posait elle-même la question : était-ce utopique de songer à des séances d’idéation dès le début de l’automne?

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Et pourtant… dans six districts scolaires de la Colombie-Britannique, six agents de liaison communautaire de WellAhead, appuyés par leur équipe de planification, ont imaginé, planifié et réalisé un processus qui leur a permis d’abattre un boulot incroyable en temps record. (suite…)

Élargir : s’inspirer des pratiques plutôt que des principes

Leçons tirées de l’expansion des programmes dans le secteur de l’invalidité

 

Blogue d’invité par Gord Tulloch, Directeur of d’innovation, PosAbilities 

Dans mon dernier billet, j’ai parlé des crises de confiance personnelles et professionnelles ayant mené à la création de Building Caring Communities (BCC), un nouveau service constitué d’une équipe de connecteurs communautaires qui travaillent dans le Grand Vancouver et Powell River à bâtir des communautés et des réseaux de soutien autour des personnes ayant une incapacité développementale. Le service est offert par quatre organismes d’intégration communautaire, eux-mêmes chapeautés par un appareil financé par le gouvernement provincial.

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La fondation de la famille J.W. McConnell nous a versé des fonds pour nous aider à étendre le modèle à toute la Colombie-Britannique (élargir la portée). Notre but était d’étendre d’abord le service dans le secteur de l’invalidité, puis d’en élargir le champ d’application (personnes âgées, immigrants et réfugiés, etc.). La première année a été consacrée en grande partie à consolider le modèle de BCC.

Et nous pensions être prêts.

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Sommet de l’innovation autochtone : ce qui est arrivé et ce qui s’en vient

Nicole_Blog AuthorLe sommet inaugural de l’innovation autochtone (#IIS2015) fut un événement capital. Il a réuni plusieurs intervenants qui ne travaillent pas toujours forcément ensemble : aînés, jeunes, prestataires de services, universitaires, artistes, entrepreneurs sociaux, fondations, représentants du gouvernement – et la liste pourrait continuer. En tout, 320 personnes ont participé aux travaux du 18 au 20 novembre, au superbe Musée des beaux-arts de Winnipeg.

Tenu par l’Association nationale des centres d’amitié (ANCA) et organisé en partenariat avec le Winnipeg Boldness Project, le Mouvement jeunesse des 4R, Les Canadiens pour un nouveau partenariat, Le Cercle et La fondation de la famille J.W. McConnell, le sommet a réuni des personnes qui s’intéressent notamment à l’innovation sociale, à la finance des solutions et à l’entrepreneuriat social.

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C’est la fin de notre série ‘En Route vers Paris: Conférence sur le climat (COP21)’

Nicolina_blog photo frBeaucoup de choses ont changé depuis le lancement de notre série de blogues lancée il y a tout juste six mois. Tristement, Paris a été le siège d’attentats terroristes, des innocents sont morts et le niveau d’insécurité mondial a augmenté de quelques crans. Pendant quelques jours, plusieurs journalistes ont demandé si la conférence sur le climat pourrait toujours avoir lieu. Plusieurs ont craint que le climat de peur et d’incertitude ne prenne le dessus sur le climat de la planète. Alors qu’on peut se demander ce qui constitue la plus grande menace pour l’humanité entre le terrorisme et les changements climatiques, il semble que cette polarisation n’a pas lieu d’être.

Ils sont en effet de plus en plus nombreux pour établir des liens entre ces deux menaces. Ban Ki-Moon (interviewé par Radio-Canada à Malte samedi 28 novembre) affirme que si on néglige les changements climatiques, leurs effets dans certaines régions du monde peuvent frustrer des populations entières et offrir un terrain propice à la radicalisation. C’est d’ailleurs en utilisant les termes ‘multiplicateur de menaces’ qu’une étude du Pentagone (octobre 2014) considérait les changements climatiques comme catalyseur de plusieurs maux, dont la montée du terrorisme. Restrictions de l’accès à l’eau et à la nourriture, déplacements massifs des populations, aggravation de la pauvreté, augmentation de l’instabilité politique, tous ces impacts peuvent à leur tour créer des conditions favorables à l’émergence de groupes terroristes. Ainsi, les discussions sur la paix mondiale ont tout lieu de se tenir côte à côte avec celles sur le climat, et les 147 chefs d’état présents à Paris ont une responsabilité énorme face à l’humanité entière pour trouver des solutions au réchauffement de la planète.   (suite…)

RECODE: Après seulement un an, nous en savons déjà beaucoup plus

chad_blog author_FRNote : Cet article a été publié à l’origine sur le site de RECODE. Il est affiché ici avec la permission de l’auteur.

 

Il y a quelques mois, j’ai affiché notre réflexion et nos plans initiaux pour l’évaluation du travail de changement systémique réalisé par RECODE. On y parlait de la complexité d’évaluer le changement systémique – vous pouvez voir ici nos premiers pas en ce sens. Et si vous voulez creuser la question, consultez l’article de Kathryn Meisner sur l’élaboration du site.

Alors, que sommes-nous en train d’apprendre quant à la manière d’influer sur le changement? Après juste un an, nous voyons déjà poindre des tendances.

 

Prévoyez que votre plan ne fonctionnera pas – du moins, pas comme prévu

 

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Il est utile et nécessaire de bien planifier, mais dans la planification pour le changement systémique, les entrepreneurs ont intérêt à lire les travaux d’Henry Mintzberg sur la stratégie émergente. « Contrairement à l’approche délibérée, l’approche émergente considère que la stratégie émerge avec le temps, au fur et à mesure que les intentions se frottent à la réalité en mutation, et s’y adaptent. » (Karl Moore, Ivey Business Journal).

Puisque nos activités mêmes suscitent une mutation constante de la réalité, nous devons simultanément et sans cesse adapter nos interventions et nos plans. Dans un tel cadre, le succès est intimement lié à notre faculté d’adaptation, même si nous avons l’impression du contraire quand rien ne se déroule conformément au plan.

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Bâtir des collectivités aidantes : repenser les services aux personnes ayant une incapacité développementale

Blogue d’invité par Gord Tulloch, Directeur of d’innovation, PosAbilities

Avez-vous déjà vécu une crise de confiance sur le plan professionnel? Qui remet en question la base même de votre travail et de votre carrière?

Nous sommes quatre organismes (posAbilities, Burnaby Association for Community Inclusion, Inclusion Powell River et Simon Fraser Society for Community Living) qui se sont butés ensemble à un problème troublant : pourquoi les personnes ayant une incapacité développementale font-elles si rarement partie de la vie de la collectivité? Pourquoi sont-elles si souvent isolées dans des programmes et des services au lieu de s’épanouir dans la collectivité? Et quel est notre rôle là-dedans?

Avec la désinstitutionnalisation, il y a plus de quarante ans que des milliers de personnes sont sorties d’établissements énormes pour s’installer dans des foyers de groupe supervisés. Malgré notre désir de répondre à la mission de notre fondateur, une bonne vie dans un milieu accueillant, les personnes ayant une incapacité développementale ne sont pourtant pas intégrées à la vie de la collectivité. Pas vraiment. Ce fut le point de départ du changement pour nous : on a beau faire, on a beau dire, on a beau essayer – il faut admettre que ça ne fonctionne pas.

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Le point sur la tarification du carbone et la compétitivité commerciale

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Par Chris Ragan, président, Commission de l’écofiscalité du Canada

Le premier rapport de la Commission de l’écofiscalité sur la tarification du carbone, La voie à suivre, a démontré que le leadership des provinces en matière de tarification du carbone est un moyen à la fois concret et efficient de faire des progrès rapides en rapport avec des enjeux climatiques pressants. Mais les différences dans le prix du carbone soulèvent des préoccupations légitimes sur la compétitivité commerciale.

Nous faisons paraître aujourd’hui une nouvelle étude pour éclaircir la question.

Ce que nous avons découvert : les difficultés liées à la compétitivité commerciale sont probablement moins importantes qu’on le croit souvent; elles ont par contre des implications sérieuses pour les décideurs qui sont à élaborer de nouvelles politiques provinciales de tarification du carbone.

L’aller/retour à Paris n’a rien de linéaire

Notre nouvelle étude arrive au moment où, partout dans le monde, on se prépare en vue du sommet sur le climat de Paris la semaine prochaine. Pour les nations du monde, la lutte aux changements climatiques est une priorité évidente : plus de la moitié des 155 pays ayant soumis des projets d’engagement national intègrent dans leurs plans une forme de tarification du carbone, ou songent à le faire.

Peu importe les décisions ou les engagements pris à Paris, le chemin du retour n’aura rien de linéaire. C’est vrai sur la scène internationale comme ça l’est ici au Canada. Les gouvernements provinciaux sont en voie d’adopter diverses politiques de tarification du carbone, à leur propre rythme.

Le leadership des provinces protège nos intérêts économiques à long terme grâce à l’adoption immédiate de politiques que l’on pourra améliorer et coordonner avec le temps, stimulant ainsi l’innovation sobre en carbone. Mais à plus court terme, cela soulève la question de la compétitivité.

Différences dans le prix du carbone et pressions concurrentielles

Le prix plus élevé du carbone dans une province va-t-il inciter les entreprises à déménager pour rester compétitives? C’est une question cruciale en regard du double objectif de réduire les émissions de gaz à effet de serre et de préserver la santé de l’économie. Si les entreprises ou les investisseurs fuient leur territoire pour échapper au prix du carbone, cela risque de nuire vraiment aux provinces sur le plan économique sans produire d’avantages globaux sur le plan environnemental.

Notre nouveau texte, Tarification provinciale du carbone et pressions concurrentielles, illustre la nature et l’ampleur de cette difficulté, tant pour les gouvernements que pour les entreprises. Voici ce qu’il nous apprend.

Une minorité sera touchée

Dans le contexte d’un prix de 30 $ la tonne de carbone, seul un petit nombre de secteurs – représentant moins de 5 % de l’économie du Canada – est susceptible de vivre des pressions concurrentielles importantes.

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Pourquoi? Les services et les biens non exportés forment une part énorme de l’économie du Canada. Ces entreprises sont à faible intensité carbonique, ce qui veut dire que leurs coûts de carbone (ce qu’ils devraient payer en vertu d’un régime de tarification fondé sur leur part du PIB) sont très faibles. Par ailleurs, bon nombre de ces entreprises sont en concurrence dans des marchés locaux – où chacun est soumis aux mêmes règles.

Fait intéressant, la rigueur relative des politiques ne change pas grand-chose. Même avec un prix de 120 $ la tonne de carbone (un chiffre bien au-delà de tout ce qui est considéré à l’heure actuelle), 90 % de l’économie canadienne ne serait pratiquement pas affectée par des difficultés liées aux pressions concurrentielles.

Mais il ne faut pas faire abstraction des différences importantes entre les provinces. Notre étude cible l’économie de quatre provinces : Colombie-Britannique, Alberta, Ontario et Nouvelle-Écosse. L’impact pourrait toucher non seulement des secteurs différents, mais la portée de l’impact pourrait aussi varier selon la province – avec des conséquences potentiellement sérieuses pour l’Alberta (18 % de son économie risque d’être touchée, par rapport à 2 % en C.-B., en Ontario et en N.-É.) Comme toujours, il est important de tenir compte de ces particularités. 

C’est un élément crucial des politiques

Une tendance commune : le nombre assez réduit de secteurs potentiellement exposés dans chaque province produit une part importante des émissions de GES.

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Cela n’a rien d’étonnant – ce sont les principales industries émettrices, exposées aux échanges commerciaux, qui vont sans doute connaître les plus graves difficultés. Mais c’est important.

Pour être efficientes, nous savons que les politiques de tarification du carbone doivent s’appliquer largement, et couvrir le plus possible tous les secteurs de l’économie. Cela veut dire qu’il ne faut pas exclure d’industries, même celles qui risquent de se buter à de véritables pressions concurrentielles.

Ignorer ces pressions, c’est toutefois prendre le risque de voir déménager ces industries, de perdre les emplois et les investissements qui y sont liés et, notamment, de rater une occasion unique de faire évoluer les grandes émettrices vers une économie sobre en carbone. 

La clé : des mesures CTT

La bonne nouvelle : les gouvernements peuvent contrer ces difficultés par des mesures de soutien ciblées, transparentes et temporaires pour les industries vraiment vulnérables. Il peut s’agir de permis gratuits (en vertu d’un système de plafonnement et d’échange) ou de rabais de la taxe sur le carbone. Mais les CTT sont la clé du succès de l’opération.

Ciblées signifie que l’on soutient uniquement les industries vraiment vulnérables.

Transparentes signifie que l’on utilise des données objectives pour cibler les industries vulnérables et que cette information est connue de tous. Il reste encore bien du travail à faire à cet égard. Notre étude se base sur des données sectorielles d’accès public. Mais il faut des données détaillées sur les provinces et les entreprises pour évaluer adéquatement la véritable vulnérabilité.

Temporaire signifie que le soutien doit être offert pour une période strictement limitée, de manière à faciliter l’innovation sobre en carbone et la stimuler.

Tant à l’échelle nationale qu’internationale, les provinces passent à l’action, insufflant un élan important à la tarification du carbone. Une conclusion clé de cette nouvelle étude est que les provinces doivent procéder de façon réfléchie à la conception des politiques de tarification du carbone. Mais elles peuvent le faire en toute confiance, avec la certitude que leurs politiques de tarification du carbone vont réduire les émissions de GES tout en stimulant l’innovation dont nous avons besoin pour assurer la compétitivité à long terme des entreprises canadiennes.

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Professeur agrégé en économie à l’Université McGill, Chris Ragan préside la Commission de l’écofiscalité du Canada, dont le but est de stimuler l’adoption de politiques favorisant une plus grande prospérité économique et environnementale au Canada.

Travailler avec les villes, les provinces et les Premières nations – le Winnipeg Boldness Project

Allocution livrée au symposium de Fondations philanthropiques Canada, Toronto, 28 octobre 2015.Winnipeg Boldness

Stephen-Huddart-authorFRLe titre original de ma présentation était Travailler avec une ville et une province, mais je l’ai modifié pour mieux refléter le travail que nous faisons avec le Winnipeg Boldness Project; voici donc : Travailler avec les villes, les provinces et les Premières nations – le Winnipeg Boldness Project. Les leçons appliquées à Winnipeg viennent en partie des expériences formatives tirées de deux autres projets.

Collectivités dynamiques est un partenariat dans lequel la fondation s’est engagée avec les instituts Tamarack et Caledon – c’est un projet d’impact collectif sur dix ans en vue de réduire la pauvreté. 47 villes et neuf provinces font maintenant partie de Collectivités dynamiques Canada.

Un autre projet, ALLIÉS, a été une collaboration fructueuse entre McConnell et Maytree afin d’accroître la proportion d’immigrants qui occupent un emploi adapté à leurs compétences. C’était notre première expérience de cofinancement avec le secteur privé et des gouvernements.

En rétrospective, la réussite est claire et nette, mais nous avions parfois l’impression de faire fausse route. S’attaquer à des problèmes complexes avec les villes, les provinces et les Premières nations, disons que c’est… complexe.

S’engager envers le changement positif

Il y a deux ans, nous cherchions un endroit où améliorer les résultats liés au développement de la petite enfance en milieu autochtone, peut-être par l’entremise de l’ancrage social. Nous sommes allés à Point Douglas, dans le nord de Winnipeg, un quartier de 50 000 habitants dont plusieurs vivent dans conditions de stress toxique. 87 % des bébés autochtones nés ici sont considérés à risque; 50 % des enfants autochtones sont considérés comme inaptes à apprendre à leur arrivée à la maternelle; et 20 % des enfants nés ici sont retirés de leur famille et confiés à l’État. Un contexte tout à fait inacceptable. 

Mais derrière ces sombres statistiques, nous avons aussi trouvé une vive inquiétude et un profond engagement à changer les choses, d’abord dans le quartier de Point Douglas, mais aussi de la part de la ville de Winnipeg et la province du Manitoba. Il a fallu de la patience et de la ténacité pour gagner la confiance des gens et les faire embarquer. Comme le dit la directrice du projet, Diane Roussin, il a fallu négocier serré avec une mafia en jupe qui protège farouchement les siens avant d’amorcer le travail. (suite…)

En Route Vers Paris: Comment l’énergie propre peut-elle aider le Canada?

Blogue d’invité par Dan Woynillowicz,  Directeur des politiques, Clean Energy Canada.  Note : Cet article a été publié à l’origine sur le site Options Politiques. Il est affiché ici avec la permission de l’auteur.  

 

Deuxième partie de notre analyse portant sur la façon dont Ottawa pourrait réorienter son approche d’une politique énergétique et climatique tout en étant prospère.

 

Dans la première partie de cette série, nous nous sommes penchés sur la façon dont le Canada pourrait tirer profit d’un changement de cap en matière d’énergie et de climat. Plus précisément, nous avons recommandé à Ottawa de se montrer proactif en participant de façon constructive aux pourparlers sur les changements climatiques et de soutenir le leadership à l’échelle provinciale en ce qui a trait à l’énergie propre et au prix du carbone. De plus, nous avons encouragé le gouvernement à faire meilleur usage des mesures incitatives et dissuasives à sa disposition pour développer l’énergie propre et réduire la pollution par le carbone.

Ce billet explore les trois autres mesures qu’Ottawa pourrait prendre afin de laver sa réputation et de permettre aux entreprises et aux citoyens canadiens de prospérer dans un monde ouvert aux systèmes et aux technologies d’énergie plus propre. De toute évidence, la révolution mondiale en matière d’énergie propre est bien entamée. La question qui se pose à notre nouveau gouvernement fédéral est la suivante : jusqu’où est-il prêt à s’engager?

 

3 : Utiliser l’énergie de façon plus efficiente et utiliser davantage l’électricité renouvelable

 

Le gouvernement fédéral précédent ne semblait pas trop réfléchir à la façon dont il pourrait décarboniser l’économie canadienne, et encore moins atteindre ses objectifs en matière de climat pour 2020 et 2030. Heureusement, un groupe de chercheurs canadiens l’a fait à sa place.

Dans le cadre d’une recherche mondiale qui sera présentée lors des négociations sur le climat à Paris en décembre prochain, le Low Carbon Pathways Group de Carbon Management Canada a produit le document intitulé Pathways to Deep Decarbonization in Canada. Comme indiqué dans le rapport, « passer à l’électricité décarbonisée constitue la méthode la plus importante pour réduire considérablement les émissions à l’échelle mondiale » [traduction libre]. En d’autres termes, la meilleure chose à faire pour lutter contre les changements climatiques à l’échelle mondiale est d’éliminer les combustibles fossiles pour faire place à de l’électricité propre et renouvelable.

La même solution s’applique au Canada. Qu’est-ce que cela signifie concrètement? Tout d’abord, nous devons utiliser l’énergie de façon beaucoup plus efficiente. Ensuite, nous devons dépendre davantage de l’énergie solaire, éolienne et hydroélectrique et beaucoup moins du charbon et du gaz naturel comme sources d’énergie (et se servir du captage et du stockage du carbone lorsque nous consommons des combustibles fossiles). Enfin, nous devons remplacer les combustibles fossiles par de l’électricité propre. Par exemple, faire le plein d’électricité plutôt que le plein d’essence. L’hiver, chauffer nos maisons à l’aide de thermopompes électriques plutôt qu’au gaz naturel.

Dans chacun de ces domaines, le gouvernement fédéral peut jouer un rôle essentiel pour guider le Canada sur la voie de la réduction des émissions de carbone en prenant en charge la réglementation, la collaboration avec les autres paliers du gouvernement et l’industrie, et en coordonnant leurs efforts.

Les libéraux ont reconnu ce rôle et cette occasion en promettant de subventionner les nouvelles technologies propres plutôt que les combustibles fossiles, de financer le développement de la production d’électricité renouvelable à grande et à plus petite échelle, de soutenir l’efficacité énergétique dans les programmes de fabrication de produits et de modernisation des bâtiments, et d’ajouter des véhicules électriques à son parc. Bien que leur portée reste à établir, nous surveillerons les mesures relatives à ces engagements pour déterminer si elles entraînent un changement.

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En Route Vers Paris: Programme d’énergie propre pour le Canada

Blogue d’invité par Dan Woynillowicz,  Directeur des politiques, Clean Energy Canada.  Note : Cet article a été publié à l’origine sur le site Options Politiques. Il est affiché ici avec la permission de l’auteur. 

 

Alors que le nouveau gouvernement fédéral prend connaissance de ses dossiers, voici comment le Canada peut s’assurer d’être concurrentiel et prospère dans un monde qui adopte l’énergie propre. (Partie 1)

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Maintenant que la plus longue campagne électorale fédérale depuis plus d’un siècle est derrière nous, notre nouveau gouvernement a le mandat clair de mettre en œuvre un programme sur les changements climatiques et l’énergie propre. Les libéraux du premier ministre désigné Justin Trudeau ont basé leur campagne sur un programme qui reconnaît que la protection de l’environnement et la prospérité économique doivent aller de pair et qui considère une infrastructure d’énergie propre comme une solution clé aux changements climatiques. Son gouvernement majoritaire doit trouver la meilleure façon de tirer profit du potentiel immense du secteur de l’énergie propre du Canada, tout en renouvelant l’engagement du pays à montrer l’exemple en matière de climat.

Le défi sera de taille, compte tenu du fait que le Canada est une économie axée sur les ressources et l’un des premiers fournisseurs mondiaux de combustibles fossiles. Cependant, en juin dernier, en Allemagne, le Canada et ses homologues du G-7 se sont engagés à assurer la décarbonisation complète de l’économie mondiale d’ici la fin du siècle.

Pour atteindre cet objectif, le monde entier devra délaisser les combustibles fossiles pour faire place à l’énergie propre. Cette révolution énergétique est déjà en marche, même au Canada.

Le système énergétique mondial évolue rapidement. Chaque année, Clean Energy Canada réalise deux évaluations, l’une à l’échelle mondiale et l’autre à l’échelle nationale, toutes deux intitulées Tracking the Energy Revolution. Bien que nous suivions tous les jours l’évolution des technologies de l’énergie ainsi que les politiques et les investissements gouvernementaux en la matière, le rythme effréné et la portée de la transition vers l’énergie propre ne sont apparents que si l’on prend du recul pour examiner les tendances, les moments et les jalons clés :

  • Des investisseurs ont injecté 295 milliards de dollars des États‑Unis dans des projets de production d’énergie renouvelable en 2014, une augmentation de 17 % par rapport à 2013.
  • L’année dernière, la valeur de l’ensemble du marché de l’énergie a augmenté pour passer à 788 milliards de dollars des États‑Unis (y compris les immeubles et les véhicules).
  • Le prix des technologies solaires et des systèmes d’accumulateurs perfectionnés a continué et continuera de baisser.
  • Les États‑Unis et la Chine ont signé une entente inédite de coopération en matière de climat et d’énergie propre.
  • L’Inde s’est donnée comme objectif d’établir une capacité d’électricité renouvelable de 175 gigawatts d’ici 2022. (À titre comparatif, la capacité du réseau canadien était de 127 gigawatts en 2013.)
  • D’ici quelques années, un prix sur la pollution par le carbone s’appliquera à plus de la moitié de l’économie mondiale.

De nombreux Canadiens trouveront ces faits surprenants, ce qui est compréhensible compte tenu du peu d’attention habituellement portée à de telles histoires sur la Colline du Parlement, sur Bay Street ou dans les nouvelles. En tant que nation, nous continuons en grande partie de considérer l’énergie comme une forme de marchandise (pétrole, gaz, charbon, uranium) plutôt que comme un ensemble de technologies et de services perfectionnés, et ce, à notre propre détriment économique.

(suite…)