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Permettre à une nation de guérir grâce aux histoires

Par Pam Chookomoolin. 

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J’ai lu un jour qu’il était impossible de réaliser de grandes choses sans connaissance. On dit que le savoir est synonyme de pouvoir. Mon propre cheminement vers l’illumination et l’habilitation a mené à une guérison personnelle et communautaire grâce à deux des outils les plus puissants que nous connaissons : les histoires et le partage.

J’ai fait mes premiers pas le long de ce chemin au printemps 2015 en m’inscrivant au Indigenous Reporters Program. L’épaisse couche de glace sur la rivière Winisk commençait alors à fondre et l’eau recommençait à couler le long de ma ville natale de Peawanuck en Ontario, qui se trouve à 32 kilomètres en amont de la baie d’Hudson. Celle‑ci est l’une des 13 communautés éloignées de Premières Nations du nord de l’Ontario où ce programme a été mis sur pied par l’organisme Journalistes pour les droits humains (JDH).

Le journalisme est devenu pour moi un outil puissant qui me permet d’écrire et de partager mes histoires avec mes voisins, ma communauté et des Canadiens de partout au pays. Il m’a permis d’acquérir de nouvelles connaissances et m’a donné l’occasion de développer mes capacités. Il m’a également offert la possibilité de faire partie du paysage changeant des médias canadiens, un paysage qui commence lentement à refléter l’histoire et les données démographiques réelles de notre pays, et de participer à la guérison d’une nation.

Je n’ai pas toujours été capable de voir le portrait global ou de comprendre le rôle indispensable que peuvent jouer les journalistes autochtones dans le processus de réconciliation en partageant des histoires écrites selon leurs points de vue. En m’inscrivant au programme, je pensais seulement apprendre de la théorie journalistique. Mais après quelques semaines, et grâce une formation pratique, nous en étions déjà à partager des histoires et à discuter de l’incidence positive que peut avoir le journalisme.

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Nos stratégies de référence sont-elles dépassées?

Par Vinod Rajasekaran

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Selon les données de l’OCDE, le Canada consacre chaque année plus de 300 milliards $ aux résultats sociaux. Les enjeux sociétaux auxquels nous sommes confrontés – santé mentale, accès à une éducation de qualité pour les collectivités autochtones, pénurie de logements abordables – évoluent rapidement. Il faut donc y réagir avec souplesse et rapidité par la recherche, l’apprentissage, les approches expérimentales et reproductibles afin d’offrir aux gens la meilleure qualité possible de services, de soutien et de solutions, où qu’ils vivent au Canada.

 

C’est ici que la recherche-développement entre en jeu.

 

Les organismes canadiens sans but lucratif, caritatifs et d’entreprise sociale ont acquis de solides capacités, notamment en gestion des bénévoles et des donateurs, et en prestation de programmes. Si on reconnaît et on célèbre ces compétences, on s’entend de plus en plus pour dire que le changement social au XXIe siècle exige des capacités et des compétences solides dans un autre domaine : la recherche-développement, ou RD.

La RD permet d’offrir des produits et services nouveaux et améliorés dans le monde des affaires. De même, elle peut aider les organismes à vocation sociale à faire des avancées importantes et rapides dans les services et les solutions qui changent la vie des gens. En ce moment, il y a pourtant très peu d’organismes à vocation sociale qui intègrent de façon répétée un vaste éventail de nouvelles connaissances (sur le fonctionnement du cerveau et la façon de stimuler des comportements positifs, par exemple); de nouvelles technologies (comme l’apprentissage-machine); ou de nouveaux processus (comme la conception axée sur la personne).

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En innovation sociale, on prend le jeu au sérieux!

Article d’invité par Joanne Benham Rennick, PhD, Directrice, Schlegel Centre for Entrepreneurship & Social Innovation, Wilfrid Laurier University. Affiché à l’origine sur le de RECODE , ce billet est reproduit ici avec leur permission.

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La semaine dernière, j’ai joué une partie de ping-pong qui m’a fait rire aux larmes. Ce n’était pas une partie classique (pour ceux que ça intéresse). Nous étions trois de chaque côté de la table. La première personne faisait le service et courait à l’autre bout pour recevoir la balle du deuxième joueur, qui se ruait ensuite à ses côtés pour faire le troisième retour et ainsi de suite, jusqu’à ce que six corps en sueur se lancent d’un bout à l’autre de la pièce, armés de minuscules raquettes, le visage tordu de désespoir. L’ingéniosité et la faculté d’adaptation palliaient le piètre niveau d’expertise. Il fallait courir après la balle ratée et la faire rebondir sur le mur ou le plafond pour la remettre au jeu. Un coup dans le filet exigeait un rapide dégagement latéral pour éviter la collision imminente. Pas de place pour les spectateurs innocents! Il y a eu des grognements, des glissades, de folles envolées de raquettes, des efforts inouïs pour éviter les télescopages et des esquives fulgurantes. Une balle égarée a fait un gros bleu au mollet d’une joueuse. Mais le plus mémorable, ce sont les rires incroyables, tout droit sortis de l’enfance, qui ont jailli ce soir-là.

En y repensant par la suite, j’ai réalisé avec surprise que je n’avais pas ri autant depuis des lunes. J’ai la chance incroyable de faire un travail que j’adore avec des gens que je respecte et que j’apprécie. Je travaille à créer un changement positif, avec des étudiants et des collègues pleins d’énergie et d’enthousiasme. Nous abordons des questions vastes et complexes et nous prenons notre boulot au sérieux. Nous réfléchissons beaucoup à la pauvreté, aux lacunes du filet social, aux changements climatiques, à la disparition des espèces, à la discrimination et à toutes sortes d’autres problèmes qui se posent à la société. Nous travaillons sans relâche afin d’aider les étudiants et les membres de la collectivité à trouver des solutions novatrices qui soient à la fois transformatrices et réalisables. En repensant à ma partie de ping-pong, je me suis sentie un peu coupable d’avoir eu tant de plaisir à faire une activité apparemment improductive.

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Vers une réconciliation : quand la tension et l’inconfort permettent de faire un pas vers l’avant

J’ai participé la semaine dernière à la deuxième édition du Building Reconciliation Forum. Il s’agit d’un rassemblement annuel de deux jours dans le cadre duquel les participants réfléchissent au rôle des établissements d’enseignement postsecondaire quant à la mise en œuvre des recommandations de la Commission de vérité et réconciliation du Canada. J’y étais pour écouter et apprendre.

L’expérience m’a ouvert les yeux et atteint droit au cœur alors qu’un conférencier après l’autre soulignait les conséquences du passé colonial et du traitement génocidaire du Canada à l’endroit des Autochtones. Ces témoignages à la première ou troisième personne venaient toujours du fonds du cœur. Je suis reconnaissant d’avoir pu assister à cet événement et je ressens un sentiment de grande humilité face au courage des survivants venus raconter leur histoire.

Pour dire vrai, je commence tout juste à comprendre à quel point les traumatismes vécus dans les pensionnats influent sur la vie quotidienne actuelle des Autochtones. Pour reprendre les mots de la vice-rectrice de l’Université de l’Alberta Wendy Rodgers, « la sensibilisation face aux pensionnats et aux répercussions de la colonisation prend davantage la forme d’un lent réveil que d’une épiphanie ».

En deux mots, nous faisons le voyage ensemble et il est impossible de trouver des solutions de manière indépendante, encore moins d’en venir ainsi à une réconciliation.

J’ai aussi été frappé par la constance à laquelle on désignait le chemin vers la réconciliation comme une route à double sens. Plusieurs définitions ont été mises de l’avant puisqu’il s’agissait d’une conférence universitaire, mais tous s’entendaient pour dire que des relations sincères seront au cœur du processus de réconciliation. En deux mots, nous faisons le voyage ensemble et il est impossible de trouver des solutions de manière indépendante, encore moins d’en venir ainsi à une réconciliation.

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LEDlab de Vancouver permet à des étudiants de mettre leurs talents et leurs compétences au service de projets communautaires

Par Elvira Truglia

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Cet automne, le Lab de développement économique local (LEDlab) a donné le feu vert à un nouveau groupe d’étudiants pour travailler à des projets communautaires du Downtown Eastside à Vancouver. Partenariat université-collectivité primé entre Ecotrust Canada et le RADIUS de l’Université Simon Fraser, LEDlab travaille avec des partenaires communautaires à faire décoller des idées en jumelant des étudiants universitaires à des organismes sans but lucratif pendant huit mois. Les étudiants mettent cette période d’incubation à profit pour aider à lancer ou élargir de nouvelles idées innovantes. Cet apport de ressources humaines offert par LEDlab permet aux partenaires de la collectivité de tester de nouvelles idées dans un milieu sécurisant, d’apprendre les uns des autres et de se soutenir mutuellement tout au long du processus.

« Ce qui empêche une idée de décoller, c’est très souvent la difficulté d’obtenir des fonds pour la développer et y consacrer des ressources et du personnel », explique Kiri Bird, gestionnaire de LEDlab. « Nous fournissons les capacités humaines requises pour faire progresser l’idée, parfois avec un ensemble de compétences techniques ou commerciales dont ne disposent pas les organismes sans but lucratif à l’interne. »

Brandon Toews, un étudiant du MBA à SFU ayant un bagage en arts, fait partie des quatre étudiants de la cohorte, grâce aux fonds versés par Mitacs, un organisme sans but lucratif national qui appuie la recherche et la formation partout au Canada.

Avant de participer à LEDlab, Brandon Toews dit qu’il était extrêmement troublé « de voir le manque de ressources à la disposition des collectivités vulnérables et marginalisées, et de constater à quel point ces groupes sont souvent oubliés ou carrément mis de côté ».

Il est désormais heureux de prendre part à The Binner’s Project, une initiative communautaire dans le quartier Eastside du centre-ville de Vancouver, dont l’objectif est d’être un projet géré par du personnel de soutien qui, au fil du temps, se transforme en projet géré par et pour les fouilleurs de poubelles ».

« Je veux que les gens sachent que les fouilleurs de poubelles ont un gagne-pain légitime et qu’ils travaillent fort », déclare Michael Leland, qui ramasse les contenants consignés depuis 11 ans dans le Downtown Eastside.

Maintenant chef d’équipe pour Binners, l’ex-pêcheur commercial de 58 ans veut éliminer la stigmatisation sociale liée à la fouille des poubelles, le terme en usage pour décrire la cueillette et la revente de matériaux recyclables.

Faire le lien

Le projet Binners est l’un des quatre partenaires communautaires de LEDlab, qui a remporté plus tôt cette année le prix d’innovation civique Des villes pour tous-RECODE instauré par La fondation de la famille J.W. McConnell.

Les partenaires de LEDlab travaillent à développer des entreprises sociales innovantes afin de procurer un revenu aux habitants du Downtown Eastside qui se butent à des obstacles pour avoir une vie stable, en plus d’identifier et de tenter de résoudre les obstacles systémiques à une économie juste, saine et viable.

Lancé en 2015, LEDlab a pour but de répondre aux besoins du milieu et de jeter des ponts entre les prestataires de services, les entreprises sociales et le gouvernement, ajoute Kiri Bird, l’une des premières étudiantes à faire un stage LEDlab, dont elle est maintenant gestionnaire.

« Le lab de développement économique local inverse le modèle de recherche universitaire classique en mettant les besoins du milieu au cœur des priorités de recherche », dit-elle.

 

Social innovation meets community needs

Les projets actuels de LEDlab comblent des besoins du milieu, chacun à leur façon : légitimer l’économie informelle, offrir plus de possibilités de travail flexibles et utiliser l’effet de levier en approvisionnement – par le travail entre pairs et la microentreprise.

The Binners’ Project légitime le travail des collecteurs de déchets informels (les recycleurs) et bâtit une petite entreprise en vue d’élargir l’accès aux bouteilles et aux contenants en plus de faire l’éducation du public.

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Crédit: Knack

Knack est une plateforme en ligne qui relie des résidents bénéficiaires de l’aide au revenu à des emplois de deux à huit heures par semaine. Le projet crée des emplois que les gens peuvent – et veulent – faire, et leur permet de gagner un revenu sans perdre leurs prestations.

Photo credit: LEDLab

Crédit: LEDLab

Rebuild est une entreprise sociale qui offre des services professionnels de construction, de rénovation et de restauration à Vancouver. Elle se spécialise dans les projets de rénovation de logements sans but lucratif et embauche des résidents du Downtown Eastside qui vivent dans l’extrême pauvreté – qu’elle considère comme une « main-d’œuvre inexploitée ».

Hives for Humanity est un organisme sans but lucratif qui travaille au renforcement de l’esprit communautaire par l’entremise de l’apiculture. Il offre des ateliers d’apiculture, stimule la création de microentreprises et le travail autonome, et offre une gamme de produits au détail – miel, chandelles et produits de soins personnels.

Même s’il commence tout juste son travail, LEDlab est déterminé à soutenir les aspirations de la collectivité à un Downtown Eastside « dirigé par les gens qui ont grandi dans le quartier, où chacun peut trouver le moyen de contribuer à la vie de la collectivité. C’est un avenir où les membres des Premières nations et les femmes sont de véritables leaders dans tous les domaines d’une économie locale diversifiée », conclut Bird.

 

 Pour en savoir plus sur LEDlab, consulter son site web..

Des villes pour tous + innovation collective

Vous trouverez sur le site Dark Matter Laboratories l’article complet de Indy Johar, Imandeep Kaur et Orestes Chouchoulas intitulé Ten Key Ingredients for Collective Impact: Powering Town Halls for Societal Change.

Un des objectifs du projet Des villes pour tous lorsqu’il a été mis en œuvre par la Fondation il y a trois ans était de repenser notre manière de travailler dans les villes. Comment? En abordant les grands enjeux d’un point de vue thématique, collaboratif et multisectoriel plutôt que selon le principe du cas par cas (c’est‑à‑dire en fixant des objectifs et en suivant un échéancier linéaire pour s’attaquer à un élément à la fois). L’expérimentation réalisée durant la première phase du projet, qui s’est terminée à l’été 2015, avait pour but de voir comment une approche thématique pouvait permettre d’optimiser l’impact relativement aux problèmes complexes que l’on peut observer dans les villes, qu’ils se rapportent par exemple aux inégalités, aux logements ou aux espaces publics. La croyance à la base de cette expérimentation était la suivante : ce sont les personnes et les organisations, souvent de différents secteurs (public, privé, sans but lucratif) et travaillant ensemble pour cerner les points communs et les symbioses, qui rendent les percées possibles et créent des changements durables. Il est facile de s’entendre sur cette idée, mais il peut être difficile de la mettre en pratique. En effet, comment peut-on réellement procéder ainsi pour aller au‑delà des partenariats traditionnels qui s’éloignent rapidement du problème qu’ils tentent de résoudre? L’article présente dix pièces maîtresses du casse-tête que représente l’impact collectif pour mettre en place une pratique de collaboration approfondie.


Le moteur des actions collectives (aussi désignées sous le nom d’impact collectif, innovation collective et changement collectif) découle de la compréhension du caractère collaboratif et interdépendant du changement. Aucun intervenant unique n’a le pouvoir d’apporter des changements structurels en matière d’espérance de vie, de santé, de réduction de la pauvreté ou de création de produits ou de services interconnectés. Qu’on les aborde du point de vue de l’intervention ou de la légitimité politique ou organisationnelle, les interdépendances complexes au cœur des plus grands défis ne peuvent être traitées de manière isolée. Il est aujourd’hui reconnu que, pour avoir un impact à grande échelle, il faut créer des coalitions vastes et diversifiées touchant à une multitude de secteurs qui s’engagent dans une mission et un cadre de responsabilité communs avec un objectif politique semblable, dans le but d’opérer des changements systémiques. Ces mouvements ouverts visent à dépasser les missions, les activités et les agendas individuels en s’appuyant sur notre capacité collective à travailler de manière organisée et coordonnée, mais aussi en atténuant les « conséquences agrégatives imprévues » de nos décisions individuelles prises en silos.

Quand divers citoyens et organisations se regroupent pour atteindre des objectifs communs, ils génèrent de nouveaux types de pouvoirs, facultés d’actions et innovations.

Certains ne voient rien de nouveau dans la notion d’impact collectif – elle désignerait simplement des partenariats existants auxquels on a apposé une nouvelle étiquette. Nous croyons que cette vision est réductrice. L’impact collectif ne renvoie pas à un partenariat entre quelques institutions clés qui se rencontrent à huis clos. Il définit plutôt une nouvelle architecture des mouvements citoyens et organisationnels qui se dénombrent par centaines. L’impact collectif est une théorie sociétale de la structure hiérarchique qui est radicalement différente. Il représente une nouvelle politique du changement qui transcende les partenariats entre une poignée d’intervenants, et embrasse les mouvements globaux.

L’impact collectif requiert donc inévitablement de nouveaux modèles de planification, d’organisation et de financement. Voici une liste non exhaustive des ingrédients essentiels à ce mouvement :

1. UNE INVITATION AUTHENTIQUE À RELEVER UN DÉFI COMMUN

L’élan qui mène à une mobilisation de masse vient d’une invitation sentie et authentique à relever un défi auquel plusieurs d’entre nous sont confrontés. Il y a un potentiel énorme dans l’énergie générée par des participants motivés qui mettent leurs efforts à l’unisson. (more…)

Innovation autochtone : la campagne Moose Hide

En 2011, pendant une expédition de chasse à l’orignal le long de la route des pleurs en Colombie‑Britannique, Paul Lacerte et sa fille, Raven, tous deux membres de la Première Nation Carrier, parlaient des femmes autochtones assassinées et disparues et de ce qu’ils pourraient faire pour aider la cause. « Et si nous invitions les hommes à porter un morceau de peau d’orignal pour montrer qu’ils reconnaissent la nécessité de protéger les femmes et les enfants contre la violence? », ont‑ils pensé. Cinq ans et 250 000 carrés de peau d’orignal plus tard, ils sont sur le point d’étendre à l’échelle nationale la campagne Moose Hide, qui se déroule actuellement en Colombie‑Britannique et en Alberta. À la veille du lancement de la campagne le 5 octobre à Ottawa, Paul et Raven racontent le chemin parcouru jusqu’à maintenant…

« Nous étions en train de nettoyer l’orignal et nous parlions de toutes ces femmes autochtones assassinées et disparues. Nous voulions faire quelque chose et participer à la création d’un lieu sécuritaire pour les femmes et les enfants autochtones et non autochtones », explique Raven.

Ce jour-là, Raven et son père ont décidé de rapporter la peau d’orignal à la maison, de la tanner et d’y tailler des carrés que les hommes pourraient porter en signe de protestation contre la violence. Les hommes qui les portent s’engagent à agir de façon responsable envers les femmes et les filles qui font partie de leurs vies. Le fait de porter un carré de peau d’orignal a aussi amené des gens qui ne se connaissent pas à discuter de la nécessité de mettre fin à la violence. Le mouvement a pris de l’ampleur en Colombie‑Britannique, et les hommes ont commencé à former des groupes de discussion réguliers. L’assemblée législative de la Colombie‑Britannique et la division régionale de la GRC en Colombie-Britannique se sont jointes à la campagne.

« Que la GRC participe est grandiose », affirme Paul. « Les forces de l’ordre ne sont pas étrangères à la violence conjugale, et cette forme de reconnaissance de pair avec l’engagement des policiers à porter le morceau de peau d’orignal témoignent du sérieux avec lequel ils prennent leur rôle de réduire la violence. »

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Un tour d’horizon : le côté clair et le côté obscur de l’avenir de l’alimentation

Au cours des six derniers mois, nous avons eu droit à un merveilleux kaléidoscope d’impressions sur l’avenir de l’alimentation. En effet, une douzaine de leaders, penseurs et auteurs ont présenté leurs réflexions sur notre blogue à raison d’un billet aux deux semaines. J’ai l’honneur de connaître la plupart d’entre eux depuis un certain temps et pourtant, leurs billets m’ont permis de découvrir des pensées originales et d’apprendre de nouvelles leçons. Pour conclure la série, j’ai décidé de passer en revue les billets dans leur ensemble et de présenter quelques faits saillants, reprenant sans honte les propos des auteurs dans le but d’attirer (de nouveau?) les lecteurs vers leurs récits et leurs perles de sagesse.

Selon nos blogueurs, l’avenir de l’alimentation est à la fois clair et sombre.

Sombre, parce que bon nombre de nos pratiques, cultures et systèmes actuels prouvent néfastes à la santé, à l’environnement et aux communautés. Les communautés autochtones dont la relation traditionnelle à l’agriculture, à la terre et au patrimoine alimentaire a été perturbée, et qui souffrent souvent d’insécurité alimentaire sont un exemple. Le monde des poissons et des fruits de mer qui demeure embourbé dans l’anonymat, des publicités toxiques du géant de la restauration rapide KFC annonçant du vernis à ongles « bon à s’en lécher les doigts » et des modèles climatiques et météorologiques dorénavant inévitables, auxquels il sera difficile ou impossible de s’adapter, constituent d’autres exemples.

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Un pas en avant pour l’entreprise sociale au Canada : le gouvernement fédéral lance un répertoire des entreprises à vocation sociale

Par le blogueur invité David LePage, directeur, Accelerating Social Impact CCC:ASI. Affiché à l’origine sur le site web d’Accelerating Social Impact CCCce billet est reproduit ici avec la permission de l’auteur.

Sans tambour ni trompette, le gouvernement fédéral a fait faire un pas en avant au secteur de l’entreprise sociale : il a fourni une définition claire et appuyé l’élaboration d’un répertoire national.

Voici la définition du répertoire : « Une entreprise sociale cherche à atteindre des objectifs sociaux, culturels ou environnementaux grâce à la vente de biens et services. L’entreprise sociale peut être à but lucratif ou non lucratif, mais la majorité des bénéfices nets doivent être dirigés vers l’objectif social avec une distribution limitée aux actionnaires et aux propriétaires. »

 

La définition d’Innovation, Sciences et Développement économique Canada signale clairement que l’entreprise sociale doit marier impact sur la collectivité et réinvestissement de la majorité des bénéfices dans la collectivité. Plutôt que de prévoir une structure d’entreprise, le ministère a opté pour un modèle axé sur le rendement, ce qui permet d’inclure un éventail de formules – pourvu que la finalité et la structure s’alignent toutes les deux sur cette définition et s’y conforment.

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Qui va décider de l’avenir de l’alimentation?

Billet de blogue rédigé par Nick Saul, président et directeur général de l’organisme, Community Food Centres Canada

Nick Saul_Blog Author FRLa première chose que l’on remarque dans la publicité est le doigt que le mannequin tient de manière suggestive entre ses lèvres et ses ongles peints en alternance orange et taupe. Le slogan dit : « Finger Lickin’ Good », que l’on peut traduire par « Bon à s’en lécher les doigts ». J’apprends rapidement qu’il s’agit d’une publicité pour la nouvelle gamme de vernis à ongles comestibles de KFC, offerte en deux saveurs de poulet : original et piquant. C’est sans honte que j’admets que cette publicité toxique du géant de la restauration rapide a presque fait naître en moi, un éternel optimiste, un sentiment de désespoir quant à l’état de notre système alimentaire.

J’imagine que ça ne devrait pas me surprendre. La manière dont nous faisons actuellement transiter la nourriture du champ à la table semble souvent avoir pour but de nous rendre malades, d’endommager la planète et de créer des divisions parmi les citoyens. Les géants de la restauration rapide du monde entier dépensent des milliards de dollars par année pour créer en nous une dépendance au gras, au sucre et au sel (les spécialistes en marketing qui créé le concept du vernis à ongles comestible ont dit au New York Times que le produit visait à rappeler aux jeunes le goût délicieux et les bons moments offerts par la marque). Les multinationales agricoles continuent de croître et deviennent de plus en plus voraces, mettant sur la touche les approches régionales à faible impact qui n’utilisent pas de produit chimique. Et comme nous pouvons le constater chaque jour chez Community Food Centres Canada, quatre millions de Canadiens ont de la difficulté à simplement mettre de la nourriture sur la table.

Malgré tout cela, et même malgré ce vernis à ongles à saveur de poulet qui est de mauvais présage, je continue de penser qu’il n’est pas nécessaire que l’avenir de l’alimentation soit si sombre. Un monde meilleur est à notre portée, à condition de pouvoir mobiliser assez de gens pour le créer.

The Table Community Food Centre - After School Program 2014 #2 (David Zimmerly) (1)

Bien sûr, une révolution conceptuelle est en marche depuis quelque temps. Des agriculteurs, chefs, cuisiniers, foodies, apiculteurs, réformateurs du domaine de la santé et défenseurs de personnes à faible revenu jouent le rôle du canari dans la mine de charbon, sonnant l’alarme quant à la nature non durable de ce système alimentaire gonflé, inéquitable et malsain. Le nombre de marchés fermiers, d’agriculteurs soutenus par la communauté et de restaurants affichant un menu local a explosé. De plus en plus de gens jardinent, mangent localement et s’efforcent de réapprendre des arts culinaires perdus.

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