Articles avec le tag ‘’

Une introduction à la finance des solutions : une nouvelle façon de voir notre travail

By Stephen Huddart and Erica Barbosa Vargas

Au cours des prochaines semaines, La fondation va proposer plusieurs nouvelles ressources sur la finance des solutions : une série de livres blancs et d’études de cas connexes illustrant certaines des notions que nous avons apprises durant la dernière décennie, de nos réussites, mais aussi de nos échecs, quant à l’utilisation de capital pour changer les systèmes. Le premier livre blanc est déjà disponible. Nous espérons que ces ressources seront utiles à une communauté croissante qui s’intéresse à l’innovation financière pour un impact social et environnemental positif.

Jusqu’à tout récemment, nous ne faisions aucune mention de la finance des solutions. Il s’agit donc d’un nouveau terme qui nécessite quelques clarifications.

La finance sociale renvoie à des instruments financiers qui entraînent un impact social et environnemental accompagné d’un rendement financier. C’est un terme largement reconnu et nous l’utilisions comme terme parapluie pour décrire les activités d’investissement d’impact et de développement du marché de La fondation. Toutefois, alors que notre expérience et nos pratiques prennent de l’ampleur, nous constatons que la promesse de notre travail va au-delà des investissements à rendements mixtes.

Il faut deux choses pour des systèmes novateurs efficaces : un ressourcement adéquat et de nouveaux moyens d’attribuer du capital durant les nombreuses étapes de conception et de mise en œuvre. Pour y arriver dans le contexte de notre travail, nous défendons et adoptons comme pratique pratique une approche intégrée qui implique l’utilisation de capital financier et l’adaptation de modèles financiers pour catalyser, soutenir et accroître la transformation des systèmes. En d’autres mots, nous défendons et adoptons la finance des solutions. . Cela signifie poursuivre le développement d’un portfolio d’investissement pour lequel on s’attend à un rendement financier et à un impact social et environnemental positif, mais en allant plus loin.

(suite…)

L’innovation sociale et les villes – Les Jardins Gamelin, Montréal

gamelin_après

Innovation
Définition: processus d’influence qui conduit au changement social et dont l’effet consiste à rejeter les normes sociales existantes et à en proposer de nouvelles.

Lyndsay Daudier_Blog Author copy

Pour qu’il y ait vraiment une innovation sociale au sein de la ville, il doit d’abord y avoir un mariage entre l’innovation économique/technique et l’innovation communautaire, car c’est en grande partie la communauté qui bénéficiera de ces changements. Par la communauté, on n’entend pas seulement les représentants de celle-ci, mais tous ses usagers : les enfants, les jeunes, la population active, la population inactive, les personnes âgées, les handicapés, les nouveaux arrivants, les immigrants et les premières nations. Il importe de bien identifier les besoins.
Pour demeurer dans l’air du temps, l’innovation doit se faire suivant un bon design, que ce soit dans le développement d’outils technologiques permettant de mieux utiliser les infrastructures de la ville, dans l’aménagement d’un lieu ou dans l’amélioration de l’équipement public sur le plan ergonomique. Le défi est alors de composer avec les infrastructures et les systèmes existants, et de savoir en tirer profit. Par exemple, l’aménagement d’un lieu doit tenir compte de sa composante historique, des populations qui le fréquentent ainsi que de l’architecture qui y est déjà implantée. L’innovation ne doit pas se faire aux dépens du patrimoine, mais plutôt s’en inspirer pour mieux comprendre ce qui doit et peut être fait en réponse aux nouveaux besoins.

(suite…)

La technologie – un retour vers l’avenir du poisson

header_thisfish

eric enno tamm_This fishArticle d’invité par Eric Enno Tamm, directeur général, ThisFish

L’industrie des pêches est le plus ancien de nos systèmes alimentaires. C’est vraiment le dernier vestige de notre société de cueilleurs-chasseurs, précédant de centaines de milliers d’années la civilisation humaine (et l’agriculture). La pêche d’espèces sauvages est notre plus importante source de protéines non domestiquées – la diète paléolithique originale. La technologie et le caractère industriel de la pêche ont sans doute changé au fil des siècles, mais la quête de poisson dans les mers indomptées remonte très loin dans le temps.

Quel est donc l’avenir de cette antique quête? La révolution des technologies de l’information et l’évolution de l’attitude et du comportement des consommateurs offrent la possibilité de renverser une bonne partie des excès de la pêche industrielle du dernier demi-siècle. Les problèmes sont maintenant bien trop flagrants.

fish

Consommateurs, entreprises, ONG et gouvernements exigent plus de transparence et de responsabilisation dans les chaînes d’approvisionnement – pour prévenir la pêche illégale, les produits de la mer frauduleux et les violations des droits de la personne. Après avoir testé l’ADN de 1200 échantillons de produits de la mer aux É.-U., les artisans de la campagne Oceana ont démontré que 30 % de certaines espèces étaient mal étiquetés. Des enquêtes récentes ont dévoilé des récits choquants d’esclavage en mer dans le secteur des pêches en Asie du Sud. Et des universitaires estiment que 20 à 32 % des produits de la mer sauvages importés aux É.-U. sont récoltés de façon illégale. (suite…)

​Le pouvoir de la vulnérabilité

RECODE 0

Par Danica Straith. Danica s’est jointe à l’équipe RECODE au printemps 2015 comme boursière en innovation sociale pour un mandat d’un an dans le cadre du programme de bourses de recherche de La fondation de la famille J.W. McConnell.

J’ai beaucoup à dire sur cette année essentielle et ce que j’ai appris au moment où je termine mon année comme boursière RECODE au sein de La fondation de la famille J.W. McConnell. J’aimerais toutefois boucler la boucle en ce qui concerne un de mes objectifs d’apprentissage initial, même si c’est possible que je sois encore dans la boucle, ou que celle-ci ressemble en fait à une forme ovale, mais bon, voici où j’en suis.

RECODE 1

J’ai dit au début de ma bourse de recherche que je souhaitais développer mes compétences relativement à la gestion des intervenants et aux relations avec ces derniers au sein de l’écosystème bourgeonnant de RECODE. Cet objectif se rapportait à une intention plus personnelle de renforcer mes capacités afin d’apprendre à mieux entrer en relation avec une variété de gens, les rejoindre là où ils se situent et trouver une façon de parler la même langue qu’eux de manière sincère et authentique. Mes recherches précédentes sur l’optimisation de l’impact m’ont en effet permis de conclure que la capacité d’entrer en relation de manière sincère est cruciale pour approfondir les travaux collectifs visant à résoudre des problèmes systémiques et bien enracinés. Nous pouvons bien sûr parler autant que nous voulons d’amplifier des modèles, mais s’ils ne peuvent pas être intégrés au tissu social et compris au quotidien, ils seront inutiles. Cette réalité renvoie à une des trois dimensions de l’optimisation : scaling deep/l’optimisation en profondeur*.

Il semble que pour faire réellement preuve d’empathie, nous devons de temps en temps afficher une certaine vulnérabilité devant nos collègues et partenaires.

(suite…)

L’avenir de l’alimentation : du personnel au mondial

 

Hand with wheat grains

Ruth Richardson_FRArticle d’invité par Ruth Richardson, directrice générale de l’Alliance mondiale pour l’avenir de l’alimentation

Nous avons un rapport intime avec l’alimentation : elle cimente nos familles et rassemble la collectivité en plus de nous nourrir. Les aliments sont aussi des marchandises, avec la production et le commerce d’envergure mondiale au carrefour des enjeux les plus pressants auxquels se bute l’espèce humaine — changements climatiques, pauvreté, santé publique, déplacements de population. Nos systèmes alimentaires et agricoles sont incroyablement résilients et diversifiés. Et pourtant, ils sont aussi fragmentés et trop souvent, non durables : la production alimentaire épuise de plus en plus nos ressources naturelles, tous n’ont pas accès à des aliments sains et nutritifs, et nos marchés mondiaux appauvrissent les économies locales plutôt que les bâtir.

L’Alliance mondiale pour l’avenir de l’alimentation nous réunit pour étudier ces enjeux d’importance cruciale. À titre d’alliance stratégique de fondations, nous voulons mettre nos ressources en commun afin d’élaborer des cadres de changement susceptibles d’accélérer collectivement la transition vers de nouveaux systèmes alimentaires garants de la durabilité, la sécurité et l’équité en alimentation, à l’opposé des systèmes marqués par la faim, la pollution, la rareté de l’eau et le déclin des cultures alimentaires.

Water and Sanitation

Pour y arriver, il faut se pencher sur l’économie de l’alimentation et plaider pour une comptabilité alimentaire équitable et transparente. En appuyant des projets tels que Food Tank et la TEEB pour l’agriculture et l’alimentation, nous voulons mettre en lumière les distorsions économiques des systèmes alimentaires. Nous élaborons pour cela des cadres qui tiennent compte à la fois des éléments positifs (piégeage du carbone, services de pollinisation, santé) et négatifs (émissions de CO2, diabète, exposition des travailleurs agricoles aux toxines, acidification des océans) des « coûts externes » de la production, la distribution et la consommation d’aliments dans les systèmes mondiaux. Comme l’a déclaré SAR le prince de Galles dans son discours célèbre sur l’avenir de l’alimentation, ce qu’il nous faut, c’est « … quelque chose de très simple… qui nous permet d’inclure dans le résultat net les coûts réels de la production alimentaire… c’est plus nécessaire que jamais. »

(suite…)

​Mesurer ce qui importe dans les études supérieures

RECODE BLOG 1

 

Article d’invité par Harvey P. Weingarten, Président-directeur général, Higher Education Quality Council of Ontario. Cet article a été publié à l’origine sur le site de RECODE. Il est affiché ici avec permission.

La principale raison (mais non la seule) qui motive les étudiants à faire des études postsecondaires est d’obtenir les titres de compétence dont ils ont besoin pour obtenir un bon emploi. De même, la principale raison (mais non la seule) qui incite l’État à financer l’enseignement supérieur public est d’assurer au marché du travail et à l’économie un bassin adéquat de diplômés.

On jase beaucoup de l’écart entre les compétences des diplômés universitaires et les exigences du marché du travail actuel. Tous ne s’entendent pas sur l’existence de cet écart – ou son importance. Chose certaine, les universitaires qui enseignent dans nos établissements postsecondaires ne partagent pas l’avis des employeurs qui embauchent leurs diplômés : la majorité des universitaires pensent qu’ils font du bon travail; la majorité des employeurs pensent le contraire.

Vu les principales motivations des étudiants et celles de l’État qui finance l’enseignement supérieur public, il semble raisonnable de voir comment nous pouvons assurer que les études postsecondaires dotent mieux les étudiants des compétences dont ils ont besoin pour obtenir un bon travail et réussir.

(suite…)

L’avenir de l’alimentation : préserver la diversité pour assurer la résilience

Bob Wildfong_FR Jane Rabinowisz_FRArticle d’invité par by Jane Rabinowicz, directrice de l’Initiative de la famille Bauta sur la sécurité des semences au Canada et Bob Wildfong, directeur général de Semences du patrimoine Canada

L’avenir de l’alimentation sera dicté par des modèles climatiques et météorologiques différents de tout ce que les agriculteurs ont connu jusqu’ici – et dorénavant inévitables. Les changements climatiques vont varier selon la région géographique, mais toutes les régions connaîtront des températures non seulement plus chaudes, mais aussi plus variables et plus imprévisibles

Tout le monde a remarqué que les orages d’été semblent plus fréquents, plus violents et plus difficiles à prévoir. Les agriculteurs notent une variation plus importante des dates du premier et du dernier gel, qui dictent la durée de la saison de culture. Des sécheresses et des inondations inopinées font fluctuer le prix des aliments. Ce ne sont pas que des signes précurseurs, ce sont de vraies difficultés qui menacent un système agricole fondé sur le postulat industriel de la prévisibilité des conditions.

La plupart des déserts se situent dans deux bandes de chaque côté de l’équateur, où des courants atmosphériques tirent l’eau du sol. Le réchauffement de la planète entraîne un renforcement de ces courants, ce qui va étendre les déserts et détruire des terres agricoles. L’énorme perte de sol arable et de sources d’eau pourrait provoquer la migration en masse de populations des pays tropicaux, en regard de laquelle la crise actuelle des réfugiés – et les crises passées – fait figure de simple répétition générale pour les désastres à venir.

 

IMG_1704

En Amérique du Nord, nous verrons sans doute les déserts du sud des É.-U. empiéter sur les régions agricoles, ainsi que des conditions de sécheresse permanente dans les zones adjacentes comme la Californie. Les étés plus chauds réduiront d’autant que 10 % la production de blé dans le nord des É.-U. et du Canada. Malgré un réchauffement des températures moyennes, nous ne profiterons pas forcément de l’allongement des saisons de culture, en raison de fluctuations plus rapides des températures minimales et maximales.

(suite…)

Retour vers le futur : rééquilibrer nos systèmes alimentaires.

Par Andrew Heintzman, PDG et cofondateur d’InvestEco, blogueur invité.

De grands changements ont eu lieu au cours de la dernière moitié du XXe siècle dans le système alimentaire nord-américain. Citons notamment une tendance à une agriculture à grande échelle faisant un usage important de produits chimiques, une production de masse de la plupart des aliments, une diminution de la diversité génétique des cultures et une augmentation constante des aliments hautement transformés. Si ces changements ont certes permis d’améliorer l’efficacité de notre production alimentaire et de diminuer le coût des calories, ils l’ont cependant fait au détriment de la santé humaine, de l’équilibre écologique, du bien être des animaux, de la qualité des sols, des emplois en milieu rural et d’autres aspects sociaux et environnementaux.

Je pense que la prochaine génération sera témoin du retour du pendule et s’emploiera à rééquilibrer un système alimentaire qui est allé trop loin, trop vite.

 

Cette inversion de la tendance se distinguera en partie par un retour à des pratiques qui étaient plus courantes dans les générations antérieures. On notera entre autres : une production à plus petite échelle d’aliments spécialisés; plus d’aliments produits en pâturage et cultivés au moyen de techniques agricoles empruntées au passé; l’occasion pour les petits agriculteurs de produire des cultures de plus grande valeur; une plus grande importance accordée à l’équilibre écologique dans les exploitations agricoles; une moins grande dépendance aux produits chimiques dans les pratiques agricoles; une plus grande diversité génétique dans nos cultures.

preserves

(suite…)

L’alimentation au futur

Beth-author-FR

L’été dernier, mes enfants et moi avons lu Farmer Boy, le célèbre roman de Laura Ingalls Wilder qui raconte la vie d’Almonzo, un garçon qui grandit dans une ferme de l’état de New York. Il est frappant de constater combien la nourriture était importante dans la vie d’Almonzo et à quel point l’alimentation de sa famille était variée et abondante. Presque aussi frappant que la diversité et l’omniprésence du travail à effectuer sur la ferme. La table du dimanche débordait de pain frais, de pâté au poulet à la croûte épaisse, de fèves au lard, de « tranches frémissantes » de lard, de betteraves rouges marinées, de tarte à la citrouille ainsi que de tarte aux pommes avec du fromage.

little houseL’été d’avant, j’avais lu Orenda de Joseph Boyden, une histoire nettement moins bucolique qui remonte plus loin dans le passé et qui peint le portrait des premiers et souvent sanglants contacts entre les Haudenosaunee, les Hurons-Wendats et les jésuites français dans la région désormais connue sous le nom de Centre de l’Ontario. Là encore, la nourriture y est omniprésente, cette fois accompagnée de la description des trois sœurs, des caribous[BH1], des poissons et des baies. Mais parallèlement à ces somptueux festins, sévissent également la famine, la sécheresse et la destruction des récoltes.

Mes lectures ont d’ailleurs trouvé un écho dans la réalité avec la nouvelle selon laquelle le Soylent, la boisson beige qui renfermerait toutes les substances nutritives dont le corps a besoin pour fonctionner, commençait à arriver au Canada. À l’automne, le Centre international de recherche sur le cancer a classé la viande transformée parmi les produits représentant une cause réelle du cancer. Selon une étude de l’Université de Guelph, le Canadien moyen devrait dépenser 345 $ de plus en épicerie en 2016. Le changement climatique, notamment engendré par la production alimentaire, a fait en sorte que nous avons failli franchir la barre des deux degrés tant redoutée. Cette question a finalement reçu l’attention du monde entier à Paris et a également été prise très au sérieux à Ottawa. Et le spectre des enfants syriens mourant de faim dans les villages assiégés qui me hante encore.

nature-red-shrub-trees

Toutes ces questions m’ont amenée à me demander à quoi ressembleront les aliments du futur? Où allons-nous, où voulons-nous aller et que pouvons-nous faire pour changer les choses?

(suite…)

Le Canada montre la voie en matière de données sur les organismes de bienfaisance

 

Article d’invité écrit par Michael Lenczner, directeur et fondateur de Powered by Data. Cet article a été publié à l’origine sur le site de Powered by Data. Il est affiché ici avec la permission de l’auteur.

 

data-tapes

 

Prenons quelques instants pour faire quelque chose de très inhabituel pour nous les Canadiens : faire l’éloge de notre pays

 

Prenons quelques instants pour faire quelque chose de très inhabituel pour nous les Canadiens : faire l’éloge de notre pays.

Le GovLab a récemment publié un nouveau rapport, après avoir cherché aux quatre coins du monde les meilleurs exemples possible des impacts positifs de l’ouverture des données. La première édition du rapport comporte une dizaine d’études de cas, dont l’une porte sur le pays des grands froids.

Le rapport du GovLab se penche sur la façon dont le Canada publie des données financières sur les organismes de bienfaisance, qu’il collecte au moyen du formulaire T3010. À Powered by Data, ce sujet nous tient à cœur puisque nous sommes à l’origine un projet parallèle d’Ajah, une entreprise qui a fait ses débuts en travaillant sur le jeu de données du T3010.

En quoi l’approche du Canada à l’égard des données sur les organismes de bienfaisance est‑elle si particulière? Trois points ressortent :

 

#1: Les données du Canada sont lisibles par machine.

Comme le révèle l’analyse du GovLab, le T3010 est à peu près semblable au formulaire 990 rempli par les organismes de bienfaisance aux États‑Unis. Toutefois, nos voisins du Sud sont très en retard sur nous en ce qui concerne l’accessibilité des données sur ces organismes.

(suite…)