L’avenir de SiG : l’innovation sociale à la croisée des chemins

 

Génération de l’innovation sociale (SiG), une initiative financée en grande partie par La fondation de la famille J.W. McConnell, est en pleine transition; l’avenir de l’innovation sociale est prometteur, mais incertain. Qu’en pensez-vous?

SiG est né il y a 10 ans d’un partenariat entre La fondation de la famille J.W. McConnell, le PLAN Institute, l’Université de Waterloo et le MaRS Discovery District, dans le but de stimuler l’innovation continue dans le secteur social canadien.

Le logo de SiG, qui représente une fleur dispersant ses graines, décrit justement son rôle de bâtisseur d’écosystème. Aujourd’hui, l’influence de SiG, qui s’abstient de s’attribuer tout mérite, s’observe dans la croissance de l’investissement d’impact, la multiplication des programmes d’innovation sociale dans les universités, l’émergence de l’innovation autochtone, les lettres de mandat de plusieurs ministres fédéraux et l’évolution de la philanthropie canadienne.

Bref, mission accomplie! Mais l’histoire tire-t-elle à sa fin? Comme l’explique clairement sur son blogue Tim Draimin, directeur général de SiG, l’innovation sociale est un domaine envahi par des personnes et des organisations provenant de multiples sphères de la société qui cherchent à appliquer leurs principes et leurs pratiques à un large éventail d’enjeux. À présent, que reste-t-il à faire? Qui veillera à ce que l’innovation sociale continue de prospérer et à ce que le Canada continue de contribuer et de s’associer au réseau mondial émergent de décideurs et de professionnels qui favorisent le changement systémique au moyen de stratégies axées sur l’innovation sociale?

Pour nous aider à répondre à ces questions ainsi qu’à planifier le travail de SiG d’ici la fin de l’année et à orienter les prochaines étapes, nous dressons le portrait de l’innovation sociale au Canada. Nous vous invitons à participer à cet exercice, d’abord en lisant les réflexions de Tim Draimin, puis en répondant à un sondage d’une quinzaine de minutes.

Nous vous remercions et avons hâte de vous faire part des résultats et de participer aux discussions qui s’en suivront.

– Stephen Huddart


 

Au milieu des années 2000, SiG n’était qu’une idée dans l’esprit de son créateur Tim Brodhead. SiG est né en 2007 d’un partenariat entre une fondation de bienfaisance (La fondation de la famille J.W. McConnell), un centre d’innovation et de convergence en milieu urbain issu du secteur des affaires (le MaRS Discovery District), une université (l’Université de Waterloo) et un organisme sans but lucratif qui cumule les innovations (le PLAN Institute). SiG National a été créé en 2008 pour répondre au besoin reconnu d’un bureau central, mentionné après-coup dans le rapport issu de la table ronde 2014 sur l’évaluation du Center for Evaluation Innovation.

Quel défi a donné naissance à SiG?

La direction de La fondation de la famille J.W. McConnell partageait la frustration de la communauté en général quant à la difficulté de mettre à l’échelle les innovations à impact social réel financées par la communauté et par d’autres. Trop de systèmes aux pratiques enracinées n’aimaient pas s’adapter au changement. De plus, le Canada n’avait ni les programmes ni les services nécessaires pour stimuler chaque innovation sociale.

L’idée de départ de SiG était la suivante : un groupe diversifié de partenaires pourrait créer directement des conditions de mise à l’échelle en encourageant les institutions et les administrations à apporter les éléments manquants ou nouveaux d’un écosystème d’innovation sociale adaptable. Il s’agit de l’état d’esprit, des ressources, des partenariats, des programmes, des plateformes et des stratégies nécessaires pour permettre aux innovations sociales d’être mises à l’échelle, de durer et d’avoir un impact.

Ces partenaires comprennent des bailleurs de fonds, des innovateurs, des chercheurs et des enseignants universitaires, des chefs d’entreprise de MaRS dotés d’un sens civique ainsi que des administrations. Chaque partenaire de SiG a apporté sa contribution, tout en collaborant avec les autres afin de former une équipe plus forte que chacun des éléments qui la composent et de produire un impact qui ne serait pas possible sans le concours de chacun. SiG National a été créé pour servir de pilier de l’impact collectif relativement à des activités aussi variées que le travail du Groupe d’étude canadien sur la finance sociale, la préparation de communications et de discours, le soutien stratégique et l’établissement de liens entre les réseaux nationaux et les réseaux mondiaux.

Afin d’attirer de nouveaux acteurs, SiG a été créé à titre de partenariat sans personnalité morale soumis à une disposition de réexamen. Le financement de SiG, d’abord prévu pour cinq ans, a été renouvelé deux fois, et un large éventail de partenaires (fondations, administrations et entreprises) se sont joints à La fondation de la famille McConnell pour financer ses activités. Voici des exemples de contributions apportées par de nombreux partenaires au cours des 10 dernières années :

  • création d’une plateforme de finance sociale (comme le Centre for Impact Investing de MaRS);
  • cours et certificats d’études postsecondaires en innovation sociale;
  • recherche sur le décodage du génome de l’innovation sociale et sa définition;
  • soutien à l’éducation intégrée en entrepreneuriat social (comme RECODE et le Studio [Y]);
  • amélioration de l’ouverture aux politiques et des réseaux régionaux intersectoriels;
  • élargissement de la participation du Canada à une communauté de pratique mondiale grandissante et dynamique pour l’innovation sociale;
  • contribution à de nouvelles méthodes, compétences et caractéristiques en matière d’attribution des subventions pour établir de nouveaux discours sur la façon dont la société civile peut provoquer et créer, avec d’autres, un véritable changement social à grande échelle.

Travailler dans une optique intersectorielle

Au cours des 10 dernières années, les partenaires fondateurs de SiG ont accordé une grande importance aux partenariats avec divers organismes de bienfaisance, fondations, organismes sans but lucratif et administrations municipales, provinciales et fédérales.

Ces partenariats et relations ont mené à des résultats remarquables, que nous décrivons dans notre livre à paraître. Voici quelques-unes de nos collaborations clés :

  • Production de données critiques avec l’aide de Mme Frances Westley, titulaire de la Chaire J.W. McConnell en innovation sociale, et de ses collègues au WISIR, ce qui a contribué à une compréhension globale du changement dans les systèmes complexes. Citons notamment une définition de l’innovation sociale qui tient compte du besoin de réduire la vulnérabilité et d’améliorer la résilience.
  • Mise sur pied du Groupe d’étude canadien sur la finance sociale, formé d’experts de différents secteurs, ce qui a mené à la création du Centre for Impact Investing de MaRS, à des investissements de plusieurs millions de dollars liés à la mission, à deux obligations à impact social et à de nombreux résultats durables.
  • Soutien de Trico Charitable Foundation dans la conception du Social Enterprise World Forum de 2013 et investissement subséquent en capital humain, en capital de connaissances et en capital financier, favorisant la croissance rapide de l’écosystème d’innovation sociale de l’Alberta.
  • En partenariat avec la Ville de Vancouver, la Province de la Colombie­Britannique et de nombreuses organisations locales, le réseau mondial de l’Échange de l’innovation sociale, basé au Royaume-Uni, a choisi la Colombie-Britannique comme cadre de son école d’été en 2014, reconnaissant le travail novateur de BC Partners for Social Impact et du PLAN Institute ainsi que l’approche intégrée en matière de partenariats adoptée par SiG pour développer des systèmes d’innovation sociale mondiaux.
  • Rôle précurseur en tant que laboratoire d’innovation sociale favorisant d’importantes contributions au changement de la part de multiples secteurs, et contribuant à l’actuel réseau canadien de laboratoires émergents reconnu mondialement, dont les activités sont axées sur les énergies d’avenir, les services sociaux repensés et la redéfinition de la profession d’ingénieur.
  • Promotion de la création d’incubateurs d’entreprises sociales sur de nombreux campus (UNB, McGill, Concordia, Ryerson, SFU, etc.).
  • Promotion de l’innovation autochtone en participant à la mise sur pied de deux sommets nationaux, du projet Winnipeg Boldness et du Fonds de démonstration de l’innovation autochtone.

SiG voit l’innovation comme une démarche globale et rassembleuse qui se reflète dans son objectif de travailler à petite et à grande échelle dans le spectre de l’innovation sociale. Le but est d’intensifier les efforts dans tous les secteurs, notamment de réaffecter leurs ressources à la résolution de problèmes complexes grâce à des partenariats de collaboration (aussi désignés comme des partenariats pour un impact collectif ou des partenariats génératifs) axés sur le changement systémique.

L’innovation sociale est-elle monnaie courante? Nous sommes certains qu’elle commence à être prise en compte dans la façon de comprendre et de relever les défis complexes.

Prochaines étapes

Nous nous posons différentes questions. Si nous avions pour mission de contribuer à l’instauration d’une culture d’innovation sociale continue, comment pourrions-nous mesurer notre succès? Si nous croyons être sur la bonne voie, que devons-nous faire d’autre? Où se trouvent les occasions à l’heure actuelle? Qui peut en profiter et de quelle façon?

En examinant notre situation sous l’angle du cycle d’adaptation, nous procédons à une destruction créatrice, à une sorte de lâcher-prise des structures et des ressources qui nous ont maintenus dans ce contexte au cours des 10 dernières années. Nous nous demandons de quelle façon nous pouvons mobiliser nos énergies et nos ressources pour créer un impact. Nous aimerions que vous fassiez partie de cette réflexion.

Parmi les secteurs d’activité en restructuration, citons le travail de recherche universitaire, qui a débouché sur la création du Waterloo Institute for Social Innovation and Resilience (WISIR) de l’Université de Waterloo. Le programme d’innovation sociale lancé à l’Université de Waterloo a fait son chemin au Banff Centre, qui offre pendant l’été un programme d’immersion en innovation sociale. Les diplômés du WISIR ont entamé des programmes de formation supplémentaire à l’Université Mount Royal et à l’Université Simon Fraser.

Nous avons participé à l’établissement de réseaux et de politiques à l’échelle régionale grâce à des partenariats comme BC Partners for Social Impact, en Colombie-Britannique, et ABSI Connect, en Alberta. Nos travaux d’élaboration de politiques sont diffusés sur notre site Web et dans le cadre d’initiatives de leadership éclairé et de partenariats avec le Forum des politiques publiques du Canada, la Fondation Trillium de l’Ontario, Fondations philanthropiques Canada et les Fondations communautaires du Canada (FCC). Notre incubation d’innovations dans le secteur sans but lucratif, organisée grâce à la R.-D sociale, s’est transformée en partenariat national avec les FCC. Plus récemment, nous avons collaboré activement avec La fondation de la famille McConnell à des initiatives comme RECODE, Des villes pour tous et le défi des villes intelligentes.

Plutôt que de tenter de réinventer la roue, SiG a toujours privilégié l’entretien de relations et de partenariats internationaux qui lui permettent d’apprendre de ses homologues partout dans le monde. En effet, la première activité conjointe de SiG était un séjour de formation au Royaume-Uni avec des partenaires canadiens provenant de fondations, d’administrations et d’instituts de recherche. SiG a ensuite organisé une série de conférences de leaders d’opinion visant à aider les administrations, les institutions et les chefs de file canadiens en matière d’innovation à faire avancer des stratégies et à éviter le chevauchement d’activités de génération de connaissances. Ces conférences ont parfois permis de stimuler des investissements locaux dans les infrastructures ou les programmes. Certaines idées ont été tuées dans l’œuf, par exemple le très attendu fonds de dotation pour l’innovation sociale de l’Alberta, qui avait reçu l’aval de deux premiers ministres.

SiG a établi un partenariat d’apprentissage avec l’Australian Centre for Social Innovation (TACSI), une organisation qui a vu le jour peu de temps après SiG. En 2016, le TACSI a effectué une vaste tournée de partage des connaissances dans sept villes canadiennes. Stephen Huddart sera accueilli par le TACSI plus tard cette année à l’occasion d’une tournée de conférences en Australie.

Tout en tirant des leçons de ses partenaires mondiaux, SiG continue de décoder et de diffuser des modèles éprouvés de plateformes d’innovation sociale, comme celles d’UpSocial (un partenaire stratégique européen qui aide à mettre en œuvre JUMP Math et d’autres innovations à l’extérieur du Canada) et de la Young Foundation.

Voyant venir la fin de ses activités dans leur forme actuelle (SiG 3.0), prévue plus tard cette année, SiG a accéléré ses projets de partenariat de 2017 pour aider à mettre sur pied des ressources clés axées sur l’avenir. Parallèlement, il y a différentes idées et conversations entre institutions qui portent sur la possibilité de lancer une nouvelle série d’activités pour SiG. Ces activités, qu’elles soient menées ou non par SiG, permettraient de corriger les lacunes et les problèmes qui persistent dans l’écosystème tout en soutenant les efforts continus visant à favoriser, à développer et à intégrer l’innovation sociale.

SiG a la chance d’avoir l’année 2017 pour planifier une sortie harmonieuse ou une transition vers une nouvelle vision ou plateforme. Il pourra notamment préparer un ensemble de ressources qui rendront compte de son histoire, de ses enseignements précieux, de ses outils clés et de ses rapports de recherche. Un dernier grand événement aura lieu à Toronto le 28 novembre pour lancer un livre, un site Web et un référentiel de connaissances. Inscrivez cette date à votre agenda! Pour recevoir de l’information sur le livre à paraître ou d’autres nouvelles, veuillez vous abonner à notre bulletin d’information.

De plus, un partenariat national formé d’anciens étudiants des programmes de formation en innovation sociale prépare un sommet de l’innovation sociale 2017 pour rassembler les innovateurs sociaux du Canada et ainsi élargir la communauté de pratique.

 

Nous voulons connaître votre point de vue!

Dans le cadre de ce travail de réflexion transitoire, il est essentiel pour nous de connaître votre opinion. Nous avons préparé un court sondage qui nous permettra de mieux comprendre la croissance de l’écosystème d’innovation sociale au Canada et partout dans le monde. Pour évaluer la valeur des ressources que nous avons créées, nous aimerions connaître vos sources de connaissances et d’inspiration ainsi que les communautés qui guident votre travail. Vos commentaires sont précieux, et nous vous en remercions. Restez à l’affût des dernières nouvelles!

 

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